Merde ! Tu pensais quand même pas t'en sortir aussi facilement ma grande ?
-Un gars qui t'aime ne te ferait pas pleurer.
Je savais qu'il avait raison.
-Parce que tu viens peut être de faire l'amour avec cet inconnu, non ?
-Arrête ! On avait tous les deux bu.
-...
-Puis c'était une erreur, juste une erreur, ok ?
-Ok
Je fus surprise qu'il se laisse influencer aussi rapidement. Peut-être même vexée qu'il me laisse m'en aller aussi facilement. Chaque femme aime se faire désirer, non ?
-Laquelle ?
-N'oublie pas. N'oublie jamais le moment qu'on a passé à 2. Ne m'oublie pas.
Et surtout : sois heureuse.
-Je vais essayer.
-Promets le moi.
-J'te le promets, terminai-je.
Je me dirigeai vers la porte et posai ma main sur la poignée.
Je me retournai.
-Marie. Je m'appelle Marie.
-Alors je me souviendrai de cette nuit magnifique passée le 22 juillet 1996 dans un hôtel de Marmaris avec Marie et plus la mystérieuse belle inconnue du bar.
Je ne répondis pas.
Je souris.
-Rien, c'est juste que j'aime bien ce nom. Pierre. C'est pas des plus originaux je dois dire mais ça a son charme.
On se sourit puis on rit quelques secondes ensemble.
Il me sourit aussi. Je détourne le regard de ce Pierre qui me semble si parfait. Partir ainsi m'est assez dur je dois dire. J'aurai tellement aimé rester là, encore un peu avec lui. Mais il y a David. Peut-être qu'il s'inquiète...
J'ouvre la porte et me retourne encore une fois vers lui.
Je vis une dernière fois son beau sourire et je partis direction l'appartement. Dehors le soleil était presque à son point culminant. Merde, il est déjà midi. David doit vraiment s'inquiéter. Quand je rentrai il était là dans le salon faisant les 100 pas. Il me vit arriver et vint me prendre dans ses bras.
-J'ai pris une chambre dans un petit motel, inventai-je.
-Tu aurais du revenir. J'étais énervé à cause de la maison de disque, tu avais raison... Je suis tellement désolé. Tu me pardonnes ?
Il me regarda de ce regard amoureux des premiers jours. Comment pourrai-je le repousser ?
Il sourit et me serre un peu plus fort.
A ce moment précis, là, dans ses bras, je ne pensai pas vraiment à David ou encore à notre couple. Mais à Pierre. Je ne pourrai pas l'oublier. C'est impossible de rayer de sa mémoire une telle personne. Ma promesse sera finalement plus facile à tenir que je ne l'aurai pensé. Jamais, jamais je n'oublierai son sourire. J'avais toutefois peur de briser ce qu'il y avait entre David et moi. Il ne devra pas savoir. Rien savoir de cette nuit magique. Je n'ose même pas imaginer sa réaction s'il savait avec qui j'avais passé cette soirée. Mais une partie de moi voulait l'oublier mais une autre avait l'irrésistible envie de revoir cet ex-inconnu...